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Mar 13

Bilan de la méthode de semis Scottex

Maintenant que les plants sont bien développés, il est temps de faire un premier bilan de la méthode Scottex que j’expérimentais cette année pour ce qui est des plants de poivrons, piments, aubergines et physalis. Est-elle vraiment valable? Indispensable? Je vous fais part de toutes mes conclusions en la comparant à ma méthode traditionnelle de semis en godets en intérieur !

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Round 1 : La mise en place

Pour la mise en œuvre, le point va indéniablement aux semis en godets. La première étape du Scottex est très rapide et très simple à mettre en place, en 10 minutes j’avais mis ma soixantaine de graines à germer alors qu’il m’a fallu au moins une heure pour préparer mes godets, les humidifier, semer et les installer dans l’enceinte de germination. Cependant, si j’en étais quitte avec les godets, ce n’était pas fini avec les Scottex. En effet, il m’a fallu les repiquer en godets une fois les plantules prêtes (comptez quelques jours après, lorsque la racine mesure quelques centimètres et que la tige commence à pointer le bout de son nez). Au final, cela revient au semis en godets direct avec la contrainte de plus qu’il faut être disponible au moment où les plantules doivent être repiquées (en effet, tant qu’elles ne sont pas repiquées les petites plantules vivent sur les réserves contenues dans la graine et je peux vous dire que vu la taille d’une graine de physalis, vaut mieux pas que le germe ait trop faim !).

 

Round 2 : Vitesse de germination et première croissance

Avec le scottex, c’est très facile de se rendre compte du temps que mettent les graines à germer et de l’évolution de leur germe puisque tout se passe à l’air libre. Ainsi, en quelques jours les premiers germes apparaissaient déjà dans le scottex tandis que pour les godets… nada. Si j’écoutais mon côté impatient, je m’arrêterais là et donnerais le point tout de suite aux Scottex mais soyons indulgents, si on ne le voit pas, dans le terreau ça germe quand même ! J’ai donc laissé passer quelques jours et sans surprise ce fut quand même les scottex qui furent les premiers à laisser poindre le début de ce qui sera la future tige des plants. Pour la vitesse de germination, le point va donc bien aux Scottex.

Ensuite, vient la phase que j’appelle “première croissance”. Il s’agit de ce moment critique entre la germination et l’apparition des premières vraies feuilles (et non pas les deux cotylédons présents très rapidement après germination). C’est à ce moment où le risque de fonte des semis est grand et que l’on attend impatiemment (c’est comme une seconde naissance, j’en ai presque toujours la larme à l’oeil :) ) l’émergence des vraies feuilles qui vont stabiliser notre plant. A ce petit jeu là, ce sont les godets qui prennent l’avantage. Les plants grandissent plus vite (sans pour autant s’étioler) et les feuilles apparaissent avec quelques jours d’avance pour la plupart des variétés. Est ce la transplantation en godets individuels qui induit un retard de croissance chez les Scottex? Difficile à dire car certains disent pourtant que les repiquage sont bénéfiques… A voir donc lors de la mise en terre si les systèmes racinaires se sont développés de la même manière.

 

Round 3 : Taux de germination et taux de perte

Nous entrons là dans le cœur du problème d’après moi ! En effet, on a beau y mettre tout notre entrain, faire tout bien comme il faut et apporter les meilleures conditions possibles de culture aux semis, certains légumes n’en font qu’à leur tête et décident pertinemment de ne pas vouloir germer. Et pour cela, les piments/poivrons et tout particulièrement les aubergines et physalis sont très forts… C’en est presque déprimant parfois. C’est d’ailleurs ce qui m’avait décidé à tester la méthode Scottex. Alors, est elle concluante? Et bien oui ! Toutes les variétés semées en scottex ont germé avec un taux frisant les 100% même pour les variétés très très capricieuses (je pense notamment au piment coiffe d’évêque ou au coqueret du Pérou). Côté semis en godets en revanche, le résultat est moins enthousiasmant. Pour rappel, j’avais semé 3 godets de chaque variété, chacun avec 2 graines. Si quasiment tous les godets ont levé, ils sont beaucoup moins nombreux à compter une réussite de 100% et donc deux plantules chacun. Pour la germination, le scottex est donc en tête.

Vient ensuite le moment de calculer le taux de perte (c’est à dire, le nombre de graines qui ont germé mais qui meurent durant la phase de “première croissance” dont je parle précédemment. Ici, impossible de départager les deux méthodes. Le fait d’avoir à repiquer les graines du scottex induit des pertes car, même en faisant attention, on brise certains germes et s’en est fini. De même, dans la méthode du semis direct en godet, si toutes les graines d’un même godet germent, il faudra n’en garder qu’une (il y a certes la possibilité de repiquer les plants en surnombre, mais la reprise reste plus ou moins aléatoires selon les variétés…). Et si vous êtes comme moi, c’est difficile de sacrifier certains plants !

 

Round 4 : Croissance des plants

Comme on peut le voir sur la photo, la croissance est relativement similaire pour un plant issu de scottex (ici une aubergine ronde de Valence à gauche, sans étiquette plastique) que pour un plant issu d’un semis en godets (à droite). On note toutefois, un léger avantage pour ce dernier, un peu plus grand, aux feuilles plus larges et un peu plus avancé (les troisième et quatrième feuilles sont plus proches d’apparaitre).

 

And the winner is …

Ni l’un ni l’autre ! Vous êtes déçus? Ne le soyez pas car je crois avoir trouvé la solution optimale pour les semis difficiles ! En couplant les deux méthodes, je pense que l’on s’assure d’avoir de très bons résultats à tous les coups et pour un travail moindre. Je m’explique. Pour ce qui est du travail moindre, on opte pour les semis direct en godets, on sème une fois et après ça se passe tout seul. On n’interviendra que pour éclaircir. En revanche, pour les bons résultats on garde en réserve quelques graines en scottex que l’on repiquera en godet. Ainsi, si les variétés ne germent pas dans les godets, on a la solution du scottex de secours.

Alors bien sûr, il est possible de tout faire en Scottex, mais je pense quand même que cette méthode est plus contraignante et qu’elle devient vraiment lourde lorsque l’on a beaucoup de variétés et/ou beaucoup de plants à semer.

 

Résumé du match

Méthode Scottex

Avantages Inconvénients
Excellent taux de germination Demande beaucoup de travail
Méthode ludique Nécessité de repiquer
Pas de pertes dues à l’éclaircissage Risque de perte plus ou moins important lors du repiquage
Suivi facile de l’évolution des semis Retard de croissance après repiquage
Réussite assurée, même pour les variétés difficiles
Besoin de peu de place pour la germination

Méthode des godets

Avantages Inconvénients
Peu de travail Germination moyenne
Pas de repiquage Besoin d’éclaircir
Plants plus forts, plus vite Besoin de place

 

Et vous, quel est votre avis sur cette méthode du scottex?

10 commentaires

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  1. Fab

    Honnêtement j’ai essayé la méthode scotex il y a bien longtemps et je ne recommencerais plus.
    Beaucoup de travail, des résultats très aléatoires au final.
    En ce qui me concerne :
    – Semis en mini-mottes dans une enceinte chauffée (26°C) pour avoir un très bon taux de germination (proche de 90% pour les graines de l’année en tomates, aubergines, piments, poivrons). Si la motte ne germe pas, elle est remise dans le bac pour la prochaine fournée !
    – repiquage en mettant la motte dans un godet plus grand (ce qui permet d’enterrer la tige pour la création de racine)
    – arrosage au thé de lombricompost tous les 10 jours.
    Bref, peu d’inconvénients :
    – germination élevée (grâce à la chaleur c’est ce que l’on fait avec le scotex en fait on place généralement près d’une source chaleur)
    – pas besoin d’éclaircir (je récupère les mottes)
    – peu de place occupée tant que les plantules sont en mini-motte
    – vitesse de fabrication des mottes (environ 5 minutes pour 50 mottes)
    Bon les inconvénients :
    – fabrication de la caisse de germination et des rampes d’éclairage
    – achat de la motteuse
    Fab Articles récents…Les semis intérieurs du potagerMy Profile

  2. valérie

    J’ai essayé pour la première fois la méthode scottex pour les aubergines, poivrons et piments. Les aubergines ont très bien germé avec cette méthode; par contre, aucune germination de poivron malgré un deuxième essai. Et je ne sais pas pourquoi! tant pis ! mais je garde cette méthode pour les aubergines en 2014

    1. Romain
      Romain

      L’année dernière j’ai aussi eu pas mal de soucis à faire germer certaines de mes graines de poivrons/piments (et quelque soit la méthode employée).

      Après avoir mené ma petite enquête je me suis rendu compte que celles qui ne germaient pas provenait d’un échange avec un autre jardinier (je ne le blâme pas, c’était très gentil de sa part !) et il est vrai qu’il est très facile de se louper sur une récolte de graines de poivrons/piments pour la simple et bonne raison que certaines variétés se récoltent immatures. Soit parce qu’elles se consomment comme cela, soit pour augmenter le nombre de fruits par pieds et parce que le mûrissement peut se finir même une fois le poivron/piment récolté.

      Seulement voilà, les graines sont elles aussi immatures et ne germeront donc jamais ! Peut être est-ce l’explication que tu cherches…

      1. Valérie

        merci pour ta réponse rapide. J’aimerai bien que tu aies raison mais mes graines viennent d’un grainetier donc, normalement, elles sont mûres. A moins qu’il m’ait vendu des graines immatures.
        Ce n’est pas grave: je vais continuer encore quelques semaines. Après tout, le printemps ne semble pas pressé de montrer le bout du nez au vu de la quantité de neige et des températures actuelles. Donc j’ai encore un peu de temps pour les poivrons

  3. Gilles

    Salut Romain,

    voilà une expérimentation intéressante !
    Penses-tu continuer tes observations sur tout le cycle de vie de ces plants ?
    Intuitivement, je pense en effet que les plants dont on aura « artificiellement » hâté la germination seront finalement plus fragile et donc plus sujets aux maladies…
    J’aimerais donc beaucoup savoir ce qu’il adviendra de tes plants semés avec la méthode Scottex.

    Amicalement,
    Gilles
    Gilles Articles récents…De la diversité au potager pour gagner du temps…et de l’argent !My Profile

    1. Romain
      Romain

      Salut Gilles,

      Oui je vais continuer à comparer ces deux méthodes pour la suite de la vie des plants. Je me demandais aussi s’ils resteront plus fragiles ou bien si finalement, maintenant qu’ils ont rejoins les godets et ont passé le cap du repiquage, il n’y aura plus de différences.. Le temps nous le dira !

      A bientôt,
      Romain.

  4. nigotfx

    Bonjour à tous,
    J’ai essayé le semis scottex cette année pour des courges butternut et des potirons.
    J’ai aussi pu constaté un taux de germination de 100% en moins d’une semaine.
    Après repiquage et mise en enceinte de germination, j’obtiens 80% sur les butternut (mais je pense que c’est dû à un arrosage un peu trop intensif) et … 100% sur les potirons.

    Pour ma part j’ai utilisé une boite en plastique transparent que j’ai placée dans une caisse en carton sur un appui de fenêtre. J’ai utilisé un des rabats de la boite en carton pour guider l’air chaud qui monte du radiateur vers la boite de scottex. En 48h presque toutes mes semences germent :)

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Je n’avais même pas songé au Scottex pour les courges, mais c’est vrai que les butternut étant un peu capricieuses ça peut être utile! Content de voir que tu as aussi adopté l’enceinte de germination :)

      A bientôt,
      Romain.

  5. Aurélie

    Romain tes plants sont immenses! les miens sont encore tout minis, ils n’ont même pas leur vraie feuilles : (. Pourtant j’ai semé le 6 février…
    Aurélie Articles récents…Quel engrais vert choisir?My Profile

  6. MPL

    Personnellement, je fais mes semis moi-même en prélevant les graines des tomates consommées.
    Ces graines sont mises à sécher sur du scottex que je dépose l’année suivante dans les godets.
    Je viens de lire la méthode en bouteille. C’est super car pas de repiquage.

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