«

Sep 16

Commencer un potager : Observer son terrain (1/2)

IMGP3418Je ne me risquerai pas à une comparaison douteuse, mais avant de mettre le premier coup de grelinette dans son jardin il faut faire connaissance avec lui ! Tous les terrains sont différents, soumis à diverses contraintes, offrant plus ou moins d’alternatives, etc… Si l’on souhaite réussir dans son entreprise potagère, il faut donc prendre le temps d’évaluer tout cela.

Je sais que ce n’est pas évident, et croyez-moi je suis le premier à ronger mon frein en attendant de pouvoir mettre les mains dans la terre. Mais je sais que lancer un potager, si l’on souhaite qu’il réussisse et produise de belles récoltes, nécessite de prendre le temps d’attendre. Nous voulons souvent aller trop vite et finalement les déconvenues sont plus nombreuses que les réussites. La belle motivation des débuts s’envole alors très vite à mesure que les ennuis s’amoncèlent et l’on finit par renoncer. Quel dommage !

Alors que faire ? Eh bien… Rien ! Oui oui, on commence par ne rien faire, c’est pas mal comme programme non ? Enfin, on ne fait pas vraiment rien, on observe, on apprend à connaitre les conditions de son terrain. De nombreux auteurs conseillent de différer son projet de potager d’un an, ce qui laisse le temps d’observer son terrain sur un cycle des saisons complet avec tout ce que cela implique (course du soleil, évolution des températures, de la pluviométrie, …). Il est vrai que ce serait l’idéal. Toutefois, soyons réalistes, il est très dur de patienter autant de temps. En tout cas en ce qui me concerne, je ne pourrais pas. Pour autant, je ne vais pas aller planter mes légumes partout sans réfléchir à rien. Alors j’opte pour une solution intermédiaire : une observation rapide des principaux facteurs importants, puis des adaptations durant la première année de culture pour aboutir au potager définitif (ou presque). Je pourrais ainsi commencer à jardiner rapidement tout en continuant à adapter mon potager en cas d’erreurs. Ce n’est qu’après cette première année que j’envisagerai les plus gros travaux comme notamment la mise en place d’une serre, qui pour le coup demanderait de gros efforts pour la déplacer.

Si vous n’avez pas le courage de tout lire, je vous ai fait un petit résumé en fin d’article, mais bon tout l’article est quand même intéressant !

 

Les éléments en place

Si vous lisez cet article, c’est que normalement, votre terrain ne comporte pour l’instant pas de potager. Vous aurez donc en théorie tout le loisir de le placer où vous souhaitez. Cependant, votre terrain n’est probablement pas vierge et votre potager sera en interaction avec les éléments de son environnement. A vous de favoriser les interactions positives et d’éviter au maximum les interactions négatives.

A ce stade un plan de jardin vous sera d’une grande utilité, l’idéal étant de le faire à l’échelle. Placez-y :

  • Votre logement et toute autre construction (cabane de jardin, serre, hangar, garage, …)
  • Les arbres et arbustes (y compris les haies) en essayant de respecter leur emprise réelle au sol mais également leur canopée
  • Les éventuels points d’eau existants

Bref, faites figurer sur ce plan, tout ce qui se trouve sur votre terrain actuellement.

Par un code couleur ou par un jeu de 3 calques à superposer à l’envi, différenciez :

  1. Ce que vous souhaitez/devez absolument conserver
  2. Ce que vous souhaitez/devez absolument retirer
  3. Ce qui peut rester ou peut être supprimé

 

Les ombres

L’ensoleillement est un facteur primordial pour la réussite de son potager, le soleil apportera en effet la chaleur et la lumière nécessaire à la bonne pousse de vos légumes. On considèrera donc une durée d’ensoleillement minimale nécessaire de 6 à 8 heures selon les légumes cultivés. Dans la pratique, on réserve en général l’endroit le plus exposé du terrain car s’il est facile de créer de l’ombre artificiellement, c’est nettement plus difficile de créer de l’ensoleillement ! A l’inverse, si vous ne disposez pas de suffisamment d’ensoleillement, n’abandonnez pas tout. Il suffira simplement d’adapter vos cultures et de miser sur des légumes moins gourmands en soleil.

Concrètement, il s’agit là de reprendre le plan précédent et d’y reporter les ombres observées sur votre terrain selon deux critères : période et durée d’ensoleillement. A nouveau, optez pour un code vous permettant de différencier d’une part les zones ensoleillées :

  • Le matin
  • En milieu de journée
  • En soirée

Et d’autre part, avec une durée d’ensoleillement :

  • Courte (4-5h)
  • Moyenne (6-8h)
  • Longue (plus de 8h par jour)

Bien sûr, ces paramètres évoluent au fil des saisons. En priorité, notez-les en fin de printemps ou début d’été, période durant laquelle l’on jardine le plus et où les durées d’ensoleillement sont les plus longues. Il peut aussi être très utile de noter cette information au cœur de l’hiver, surtout si vous souhaitez cultiver aussi à cette période.

Je vous conseille ici de prendre des photos au même endroit chaque heure au minimum. C’est le meilleur moyen de se rendre compte de l’évolution des ombres !

Evolution

Une photo de votre terrain prise le matin (à gauche) et l’après midi (à droite) permet de suivre l’évolution de ombres.

 

Autres paramètres

Ces autres paramètres seront à considérer dans une moindre mesure que l’ensoleillement (qui devra toujours primer). En effet, il est toujours plus de facile de contrer ces effets que de pallier au manque d’ensoleillement.

Il s’agit ici d’éviter au maximum les zones exposées aux vents dominants (vent d’ouest par chez moi en Bretagne) qui assèchent très rapidement les cultures et peuvent aussi causer de gros dégâts s’ils sont puissants et les vents de nord, froids.

Il vous faudra aussi noter si des zones sont particulièrement humides, dans lesquelles l’eau stagne longtemps après les pluies. Ces emplacements ne sont pas favorables aux cultures car les racines s’asphyxient rapidement en sol gorgé d’eau, mais peuvent tout de même être cultivés en mettant en place des modes de cultures adéquats (buttes, planches surélevées, …).

 

Pour résumer :

Peu importe la méthode que vous employez, mais avant de commencer votre potager prenez des notes sur les conditions de votre terrain pour placer votre potager au bon endroit. Le bon endroit sera, dans l’ordre des priorités :

  1. Ensoleillé (aux alentours de 8h/jour)
  2. Eloigné au maximum de grands arbres/arbustes (faisant de l’ombre et asséchant le sol)
  3. En dehors de zones trop humides
  4. A l’abri des vents dominants et froids
  5. Proche de points stratégiques existants (cabane à outil, point d’eau, …)
  6. Proche de votre logement (si vous devez faire 200m à chaque fois pour aller au potager, vous n’y ferez pas un saut tous les jours ou juste pour aller y chercher quelques aromates)

 

Beaucoup d’auteurs conseillent surtout de placer le potager en fonction de la qualité de votre terre. A mon sens, ce paramètre vient après (sauf si bien sûr vos options sont de cultiver soit une super terre fertile, soit un amas de remblais…). En effet, avec les bonnes pratiques vous parviendrez à améliorer la fertilité de votre sol d’année en année. Alors que si vous cultivez à l’ombre de votre maison, à moins de la démolir, ce sera le cas chaque année !

Voilà donc pour la théorie, maintenant je me mets au boulot de mon côté et on se retrouve dans un prochain article (ou peut-être plusieurs d’ailleurs) pour que je vous présente l’exemple de mon jardin !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*

CommentLuv badge