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Mai 23

Pollinisation : comment éviter les hybridations chez les tomates et piments ?

TomatesFaire soi-même ses graines est l’aboutissement que tout jardinier souhaite atteindre. Tout d’abord, parce que c’est économique. Quand on voit un sachet de 10 graines de poivrons à 3 ou 4 €, on n’a pas envie d’en racheter tous les ans lorsque l’on cultive de nombreuses variétés ! Ensuite, parce que c’est la meilleure manière de conserver des variétés “rares”, que l’on ne trouve pas en jardinerie et que l’on obtient souvent par le biais d’échanges. Enfin, parce que faire ses graines, c’est sélectionner des plants de plus en plus adaptés à notre terroir, nos conditions climatiques, notre sol. Bref, c’est le gage d’obtenir de meilleurs plants.

Seulement voilà, certaines déconvenues peuvent survenir si l’on ne prend pas garde à deux-trois petites choses.

 

Avant de commencer, quelques définitions

Si vous vous intéressez à l’art de récolter vous-même vos graines de légumes ou de fleurs, vous vous êtes probablement renseignés un peu et vous avez dû tomber sur du vocabulaire spécifique que vous ne comprenez peut-être pas toujours. C’est bien normal, ces termes sont assez barbares et on peut difficilement passer à côté lorsque l’on traite de ce sujet. Je les utilise d’ailleurs systématiquement dans mes fiches légumes. Aussi, pour vous aider à vous y retrouver, j’ai listé et défini ici quelques uns des plus courants et utiles à connaître. Si j’en ai oublié (et c’est bien possible), n’hésitez pas à me les soumettre en commentaires ! Et que les spécialistes ne s’offusquent pas, les définitions sont volontairement simplifiées =).

Tout d’abord, trois termes importants désignant trois grandes répartitions des organes mâles et femelles chez les plantes.

  • Hermaphrodisme (fleur hermaphrodite) : chaque individu d’une espèce comportera ses organes mâles et femelles au sein d’une même fleur. En théorie il n’y a donc pas besoin de croisements entre deux individus pour aboutir à la formation d’un fruit et de graines. Seulement, de l’autofécondation répétée peut conduire à différents phénomènes génétiques engendrant des individus malformés, non viables, … (à rapprocher à la consanguinité). C’est pourquoi, il est conseillé de renouveler de temps à autres ses lots de graines obtenus sur des fleurs hermaphrodites. C’est le cas par exemple de la tomate.
  • Monoécie (plante monoïque) : ici, les organes mâles et femelles seront contenus dans deux fleurs différentes, mais sur un même individu. Ainsi, un individu aura des fleurs mâles (qui dégénèreront) et des fleurs femelles (qui évolueront en fruits, s’il y eu fécondation). Il est donc impératif ici que le pollen (venant des fleurs mâles) soit transporté jusqu’aux fleurs femelles (sur un même individu ou sur un autre) par un quelconque moyen (vent, insectes pollinisateurs, manuellement, …). C’est le cas typique des courges.
Fleurs potiron

Le potiron est une plante monoïque avec des fleurs mâles (à gauche) et femelles (à droite) sur un même plant. Les fleurs femelles sont reconnaissables grâce à leur ovaire (juste sous la fleur) qui ressemble au fruit en version miniature.

 

  • Dioécie (plante dioïque) : vous l’aurez peut être deviné, ici les organes mâles et femelles sont contenus dans deux fleurs différentes, chacune portée par des individus différents. Il y aura donc des individus mâles et des individus femelles. A nouveau, le transport de pollen est indispensable. C’est le cas bien connu du kiwi, chez qui il existe des plants mâles et des plants femelles (même si l’on trouve maintenant des plants dits autofertiles, c’est à dire monoïques).

Vous suivez toujours? Je suis désolé de vous infliger cette souffrance, mais elle est indispensable pour bien comprendre. Si j’en ai perdu certains, je vous dit à bientôt dans un prochain article ^^ ! Pour les autres, on continue =).

  • Autogamie : la plante se féconde elle même. Concrètement, pour faire ses graines, un seul individu suffit donc mais il arrive souvent dans la nature que les fleurs d’un individu soient fécondées par celles d’un autre grâce au travail des insectes pollinisateurs.
  • Allogamie : c’est l’inverse, il faut un croisement entre deux individus pour qu’il y ait fécondation.
  • Reproduction sexuée : il faut qu’il y ait fécondation des organes femelles par le pollen, ce qui entraine la formation de graines qui engendreront de nouveaux individus
  • Reproduction végétative : ici les nouveaux individus sont des clones produits par le plant mère, sans qu’il y ait de fécondation préalable. C’est par exemple, le cas des fraisiers et de leurs stolons ou bien des pommes de terre et leurs tubercules
  • Hybridation : désigne une fécondation croisée entre deux individus de deux variétés différentes et de la même espèce. Les hybrides présenteront alors un mélange des caractéristiques des deux parents.

Voilà, avec ces quelques définitions vous devriez vous en sortir =).

 

Faire ses graines pures pour préserver ses variétés

GrainesPuisqu’ici nous nous intéressons à la récolte de graines nous sommes dans le cadre d’une reproduction sexuée. Dans le titre de l’article, j’ai mis qu’il concernait les tomates et les piments toutefois, ce que je vais dire par la suite est valable pour toutes les plantes autogames à fleurs hermaphrodites. Il s’agit des plantes pour lesquelles il est le plus simple d’éviter les hybridations.

J’en viens maintenant au sujet que je souhaitais aborder. Je vous le disais en introduction, faire soi-même ses graines peut mener à quelques déconvenues. Rassurez-vous, tout jardinier qui s’y est essayé s’est déjà heurté à ce problème : parfois nos graines ne donnent pas du tout ce à quoi on s’attendait. Des graines de poivrons donnent des plants aux fruits ultra piquants, des graines de tomates ananas donnent des plants aux tomates qui ne ressemblent pas vraiment à des tomates ananas, … C’est là tout le problème (ou l’avantage) de la reproduction sexuée : le plant fils présentera des caractères de chacun des deux parents.

Prenons un exemple pour mieux comprendre : vous cultivez un plant de poivron et un plant de piment dans votre jardin. Ces plants sont autogames et aux fleurs hermaphrodites (hop on se réfère plus haut si on a oublié!) donc en théorie, la fleur se féconde elle même en circuit fermé. Une fois la fécondation faite, les fruits se forment : des poivrons dans votre poivronnier et des piments dans votre pimentier (oui je sais ça n’existe pas mais j’aime bien ces mots). A l’intérieur de ces fruits, les graines mûrissent et dans ces graines on trouve l’information génétique des deux parents, qui est ici le même individu puisque la fécondation a eu lieu en circuit fermé. J’espère être clair, car ce ne sont pas des concepts toujours très simples à expliquer… Les plants issus de ses graines seront donc rigoureusement identiques au plant initial. Et ainsi, d’année en année vous aurez le même pimentier et le même poivronnier.

Ca c’est la théorie car en pratique c’est différent, ce serait trop simple sinon. Même autogames et hermaphrodites, les fleurs peuvent être fécondées par un pollen issu d’un autre plant, notamment à cause des pollinisateurs qui vont trimballer ce pollen de fleurs en fleurs. Ainsi, pour reprendre l’exemple précédent, les fleurs de votre pimentier peuvent être fécondées par du pollen issu de votre poivronnier et vis-versa. Les fruits se forment, puis les graines, qui vont toujours contenir l’information génétique des deux parents. Sauf que cette fois, les deux parents sont deux individus différents ! Et donc les plants issus de ces graines présenteront des caractéristiques de ces deux parents. Par exemple, vous pourrez avoir des fruits ressemblant à vos poivrons mais au piquant de vos piments. A partir de là, il est quasi impossible de retomber sur les caractéristiques originales et votre variété est donc “perdue”. Parfois cela conduit à de bonnes surprises, parfois un peu moins. C’est ce que l’on nomme couramment l’hybridation. Ce phénomène est par exemple très répandu chez les poivrons, beaucoup moins chez les tomates mais le risque existe, surtout dans des jardins bio où vivent de nombreux insectes.

Bourdons et fleur d'artichaut

Les pollinisateurs sont la principales causes des hybridations, mais ne leur faites pas la guerre pour autant. Dans la nature, les hybridations sont source de diversité !

 

Aussi, lorsque vous souhaitez préserver vos variétés il est primordial d’éviter ces hybridations. Comment faire pour cela? Oui, j’ai entendu la bonne réponse au premier rang, redites plus fort pour vos petits camarades.

 

Il faut empêcher que le pollen d’une variété n’aille féconder les fleurs d’une autre variété

 

Exactement ! Pour que deux variétés ne s’hybrident pas (par exemple la tomate ananas et la green zebra), il faut empêcher le transfert de pollen et jouer sur la capacité de la fleur à s’autoféconder. Sachez cependant que les hybridations ne peuvent avoir lieu qu’au sein de variétés d’une même espèce (aussi donnée dans les fiches légumes) : deux variétés de tomates (Solanum lycopersicum), deux variétés de poivrons ou piments qui sont de la même espèce (Capsicum annuum). Mais pas entre deux variétés d’espèces différentes : une tomate ne peut pas s’hybrider avec un poivron.

Concrètement, pour éviter les hybridations, il existe deux méthodes :

  • Ne cultiver qu’une variété de chaque espèce potagère. Ainsi même si les pollinisateurs transportent du pollen de fleurs en fleurs, on ne craint pas que des hybridations ne se fassent puisqu’elles ne peuvent avoir lieu qu’entre deux variétés d’une même espèce. Bon, c’est un peu restrictif et fade de ne cultiver qu’une seule variété de tomates…
  • Empêcher que les pollinisateurs n’aient accès aux fleurs en isolant ces dernières.

Cette année, j’ai décidé de faire très attention à ces hybridations chez mes tomates et mes poivrons. Si naturellement, elles sont peu fréquentes chez les premières, elles existent tout de même, surtout dans un jardin riche en insectes. Chez les poivrons en revanche, elles arrivent très fréquemment. Etant donné que cette année, je cultive beaucoup de variétés pour refaire mes stocks de graines, il me faut donc être vigilant.

Il existe de nombreuses méthodes pour isoler les fleurs des pollinisateurs et toutes sont bonnes si elles n’entravent pas le plant. Personnellement, j’ai opté pour un ensachage des bouquets floraux comme le font certains professionnels. J’avais commencé à me fabriquer de petits pochons dans des chutes de moustiquaires, mais ils demandent beaucoup de travail pour les fabriquer et sont très rigides et blessaient mes plants. Pas une bonne solution. Et puis, j’ai eu le déclic en assistant à un baptême et en voyant ces petits sachets qui contiennent les dragées ! C’est l’idéal : tous faits, pas chers, très légers et souples ils n’abîment pas les plants, ils ont un lien qui permet de resserrer en douceur, … J’étais content de cette merveilleuse trouvaille puis finalement en cherchant leur nom sur internet, je me suis rendu compte que je n’avais rien inventé et que d’autres jardiniers s’en servaient déjà. Bon, je suis pas un génial inventeur mais au moins cela m’a conforté dans mon idée que ça allait bien marcher.

Tomate sachet (1)

 

On trouve ces sachets sous le nom de « sachets organza », personnellement j’utilise ces grands modèles mais vous pouvez prendre un peu plus petits. Du coup, cette année mes plants de tomates auront des airs de sapins de Noël !

 

Pour résumer, il faut retenir…

Bon comme cet article est assez conséquent et indigeste, je m’en rends compte, voici une petite synthèse. Les hybridations :

  • Sont des phénomènes pouvant conduire à des individus non conformes à la variété originelle lors d’un semis de graines récoltées sans soins particuliers
  • Sont plus ou moins courantes dans la nature, même chez les variétés autogames à fleurs hermaphrodites
  • Sont principalement causées par les insectes pollinisateurs
  • Peuvent se produire entre deux variétés d’une même espèce (voir le nom latin) mais pas entre deux espèces

Pour s’assurer de préserver ses variétés, il est donc intéressant d’empêcher ces hybridations de se produire. Pour cela, il faut :

  • Ne cultiver qu’une variété de chaque espèce (mais on peut cultiver plusieurs plants de cette variété)
  • Isoler les fleurs des pollinisateurs, en utilisant les sachets présentés par exemple

 

J’espère que vous avez pu aller au bout de cet article ! Et surtout qu’il vous a plu et vous sera utile. N’hésitez pas à laisser un petit mot.

 

 

34 commentaires

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  1. Chouf

    Bonjour,

    Oui je suis allé au bout de l’article ! Merci c’était très clair et très intéressant.
    J’ai réalisé mes semis pour la 1re fois cette année : tomates, courgettes, concombres et melons uniquement. Avec plus ou moins de succès :(
    Je ne pense pas récupérer les graines cette année mais merci en tout cas pour l’explication sur les termes Hermaphrodisme/Monoécie/Dioécie, ça permet de comprendre pourquoi il ne faut pas que je mette à côté pour pied de potiron et mon pied de butternut :D

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Ouf au moins une personne aura réussi ! :).

      Ah les courges posent et poseront de nombreux problèmes aux jardiniers ^^. Tu peux mettre un plant de potiron à côté d’un butternut sans problèmes car… ce sont deux espèces différentes. Oui la tu peux me dire que je deviens chiant :). Les potirons (la plupart mais pas tous) sont des Cucurbita maxima alors que les butternuts sont une autre espèce : Cucurbita moschata. Pas d’hybridations possibles entre les deux donc !

      A bientôt,
      Romain.

      1. Aicha

        Bonjour Romain ,

        Moi aussi je suis aller jusque au bout toujours intéressant de lire ce genre d’article !!!Pour ma part j’en ai déjà fais l’expérience, maintenant je fais tres attention et des professionnels m’avais mise en garde parce que au début je ne faisais pas attention . C’est un peu comme les légumes entrent eux entre ceux qui s’aiment et ceux qui ne s’aiment pas un peu comme nous !!!!Concernant l’article ont dit bien qu’on en apprends tout les jours n’est ce pas ?
        Merci Romain .

        AICHA

        1. Romain
          Romain

          Bonjour,

          Merci pour ton commentaire :). C’est en effet complexe comme des relations amoureuses ! Mais heureusement, il suffit de pas grand chose pour éviter ces désagréments.

          Bonne soirée,
          Romain.

  2. Fab

    Merci pour le nom des sachets, je vais essayer cette année. Ca changera de la bidouille
    Fab Articles récents…Plantation des tomatesMy Profile

  3. se-divertir-en-ligne.com

    Bonjour et merci de ce partage très édifiant! Si on aime les surprises on peut également laisser quelques plants non isolés ne serait-ce que pour y goûter. Ca fera de la variété mais aussi de la couleur.

  4. Lillycat

    Bonjour Romain,
    Excellent article très complet et très formateur.
    D’après mes observations, dans mon petit jardin où je mélange légumes et fleurs mellifères, j’ai peu de problème avec les pollinisateur qui sont plus attirés par les fleurs décoratives que par les fleurs de légumes. les grandes gagnantes sont la consoude, les lychnis et les eschscholzias (pavot de Californie) qui à elles seules attirent la quasi totalité de ce qui butinent dans le jardin.
    Bonne journée à tous
    Lillycat

    1. Romain
      Romain

      Bonjour !

      Merci pour ces précieuses informations ! J’avais remarqué pour la consoude mais je n’ai encore jamais cultivé les autres. C’est bon à savoir. La bourrache est également très florifère et très attractive.

      A bientôt,
      Romain.

      1. Lillycat

        Petite erreur sur les lychnis, je voulais parler des Stachys lanata ou oreilles d’ours qui attirent un nombre incroyable de butineurs.

  5. Celinita

    Bonjour Romain,
    tout lu jusqu’au bout, un article très intéressant, je te félicite ! Je fais depuis plusieurs années mes propres graines de courges et de tomates sans avoir constaté de dérive jusqu’ici malgré la petitesse de mon potager. Ton article fait non seulement réfléchir, mais en plus apporte une fois de plus des solutions concrètes. Que du bonheur !

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Merci pour tes compliments :).

      Chez les tomates, ce n’est pas très étonnant, l’hybridation est plutôt rare. En revanche, chez les courges c’est quasi imparable ! Combien de variétés cultives tu?

      A bientôt,
      Romain.

  6. Annik

    Article très clair et bien fait, toutefois ne manque-t-il pas une étape ? le jardinier doit bien intervenir à un moment donné pour que la fleur femelle soit fécondée ? Génial l’idée de ces sachets en organza !

    1. Romain
      Romain

      Bonjour et merci pour votre commentaire. Le vent peut suffire a effectuer la fécondation, mais dans le doute le jardinier peut secouer légèrement les fleurs dès leur épanouissement et jusqu’à leur fermeture !

      Bonne soirée et bonne année !

      Romain.

  7. johnson

    Excellent article !! Je vais utiliser l’idée géniale des petits sachets en organza pour mes courges et tomates. Merci beaucoup. Et en plus, un humour bonnenfant !!

    1. Romain
      Romain

      C’est un plaisir de partager ses astuces (quand elles fonctionnent)! Et l’humour était indispensable ici je crois pour faire passer la pilule de cet article indigeste =).

      A bientôt,
      Romain.

  8. Kévin

    Super article! Je suis également jardinier , spécialisé dans les jardins agrobiologique, la permaculture.. C’était trés interessant de te lire, le tout expliqué de façon simple, fluide…On sent la passion, le plaisir de transmettre et ca donne de la bonne humeure!
    Je n’ai pas trouvé le sujet indigeste! Au contraire… Le sujet est loin d’être simple à aborder, expliquer et là , ca a été trés bien fais!
    Je continuerai à te lire réguliérement.
    Kév’

    1. Romain
      Romain

      Salut Kévin,

      Merci pour ton commentaire, ça me rassure de voir que vous allez au bout quand même ^^

      A bientôt alors,
      Romain.

  9. Jorge

    Merci Romain et bravo pour ton article, très clair et très bien écrit
    Je cultive une vingtaine de variétés de piments très…euh tres tres forts en indoor.
    Ton article m’a permis de comprendre les risques d’hybridation.
    Même si en indoor les pollinisateurs sont beaucoup plus rares, je vais quand meme prendre quelques précautions
    Mes plantes commencent tout juste à donner leurs petites fleurs.

    Encore une fois un grand merci.

    Jorge

    1. Romain
      Romain

      Salut Jorge,

      Merci pour ton commentaire ! En effet, en indoor les risques sont plus limités mais il faut quand même faire attention si l’on veut récupérer ses graines (on peut facilement transférer du pollen d’une fleur à l’autre avec ses doigts par exemple).

      Quelles variétés cultives tu? (simple curiosité car mon palais supporte difficilement du plus que 2 sur l’échelle de Scoville !)

      A bientôt,
      Romain

  10. Eric

    Bonjour Romain,

    En effet, en une dizaine d’années j’ai cultivé jusqu’à une vingtaine de variétés de tomates différentes, mais au fil du temps, j’ai perdu pratiquement toutes mes variétés originales…
    J’ai donc lu votre très bel article sur l’hybridation avec intéret.
    Néanmoins, je me pose pas mal de questions :
    – Si j’ai bien compris, les pochons servent à empecher les abeilles de venir butiner la fleur de la tomate. La fleur va donc s’auto fertiliser avec les fleurs voisines également enfermées? Ensuite, à quel moment levez-vous le pochon ? Dés que la tomate est formée, ou une fois qu’elle a déjà bien grossie?
    – Ici en Provence nous avons souvent du vent, parfois fort, je ne pense pas que la maille des pochons soit assez fine pour empécher le polen d’autres variété de traverser, est-ce que je me trompe?

    Merci d’avance

    PS : Je découvre votre site, je viens de le mettre en favoris. Je crois que je vais apprendre pas mal de trucs ;-)

    1. Romain
      Romain

      Bonjour Eric et merci pour votre commentaire !

      La fleur de la tomate est hermaphrodite, à la fois mâle et femelle elle peut donc se polliniser elle même (même sans les fleurs voisines du même plant). Ce qui fait que vous pouvez également n’ensacher qu’une seule fleur, cela marchera aussi. J’essaie de retirer le sachet de protection dès que la fécondation a eu lieu, c’est à dire lorsque la fleur est fanée et commence à sécher. A ce stade, il n’y a plus d’hybridation à craindre. Après, si le sachet est suffisamment grand on peut se permettre d’attendre un peu pour le retirer, mais cela n’apporte rien de plus.

      Il est vrai qu’avec de forts vents, du pollen peut passer à travers les mailles. Les risques d’hybridation sont très faibles car le sachet va tout de même limiter le pollen transporté par le vent, et c’est essentiellement les insectes qui causent les hybridations chez la tomate mais les risques ne sont pas nuls pour autant. Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous pouvez alors remplacer les sachets en organza par de petits sachets en papier. Etant donné qu’ils coupent plus la lumière, il vous faudra essayer de les laisser le moins longtemps possible. Juste ce qu’il faut, mettre avant que la fleur ne s’ouvre et retirer juste après qu’elle n’ait fané.

      Toutefois, j’aurais dû le préciser dans l’article j’ai oublié. Un autre phénomène peut survenir et faire que les variétés ne soient plus rigoureusement identiques d’années en années, c’est la mutation (c’est toutefois nettement moins fréquent). On a beau protéger de la meilleure façon qui soit, des mutations génétiques peuvent survenir. Ce sont les aléas du vivant, mais c’est ce qui fait que la vie est si diversifiée !

      A très bientôt alors j’espère,
      Romain.

  11. Eric

    Bonsoir,
    Merci pour votre réponse. Je testerai votre technique avec les sachets dés l’an prochain, avec un nouveau lot de graines.

  12. Ruddy

    Bonjour,

    Je ne trouve l’information nulle part sur le Web et je me permet donc de vous demander si il possible que j’ai réussi à créer (tout à fait involontairement) une nouvelle variété de piments d’espelete qui malgré l’absence de soleil et de chaleur donne encore à cette période de l’année (février 2016) des piments ?.
    Pour information, mes plants ont deux ans et poussent sur mon balcon ou la température descend à moins de 6 degré la nuit. (Rhône alpes).

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      C’est tout à fait possible, même si je pense qu’il s’agit là de la souche d’origine qui fait preuve d’une belle adaptation chez vous. Conservez les graines et resemez les, vous fixerez cette adaptation à votre terroir, c’est très bien !

      Bon jardinage,
      Romain

  13. lidwine

    bonjour,
    votre article est super intéressant, bravo!
    cette année je souhaite planter plusieurs sortes de courge cette année: 2 sont des cucurbita maxima (potimarron vert et red warty , ainsi que 2 cucurbita pepo (cougette spaghetti et nimba. que me conseillez vous pour éviter l’hybridation entre elles?

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Il n’y a pas de risques concernant des hybridations entre les pepo avec les maxima, mais il y en a un entre les deux maxima et les deux pepo. Si vous souhaitez récupérer les graines, il vous faudra procéder à l’isolation des fleurs et à la pollinisation manuelle. C’est du boulot mais c’est faisable. http://tousaupotager.fr/recolter-les-graines-de-legumes-cucurbitacees-etape-1/

      Si vous ne souhaitez pas récupérer vos graines, il n’y a rien à craindre des hybridations !

      A bientôt,
      Romain

  14. lidwine

    merci pour votre réponse! je vais essayer!
    votre site est vraiment passionnant!
    cordialement,
    Lidwine

  15. ibis

    Bonjour Romain,
    Voilà un article très intéressant que j’ai lu avec plaisir!
    Je suis à la recherche d’infos sur l’hybridation des courgettes => j’ai semé cette année 9 sortes de Cucurbita pepo: Pâtissons panaché, orange et blanc, courgettes Bou Tozzina, Caserta, Ortolana Di Faenza, Blanche d’Egype, de Trieste et Bolognaise. Toutes les graines proviennent de chez Kokopelli et ne sont donc pas des F1 :)
    Le risque qu’elles s’hybrident (se croisent) entre elles ne m’ennuie pas du tout MAIS j’ai peur d’une chose: vont-elles finir par devenir stériles comme c’est le cas avec les graines de F1 vendues dans le commerce? Mon but étant de produire mes propres graines au fil des ans ;)
    Merci déjà pour votre réponse!
    ibis

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Il n’y a pas de risque d’apparition de stérilité non, sinon elles n’auraient jamais perduré jusqu’à nous ! Vous aurez sûrement de jolies surprise avec des hybridations de toutes ces variétés :)

      A bientôt,
      Romain

      1. ibis

        Merci merci merci! Vous êtes le premier à me donner enfin une réponse claire et précise :D
        Bon jardinage à vous ;)

  16. Artemis

    Excellent article, agréable et très utile. Merci. :)
    Une minuscule correction ?
    VigilAnt, au lieu de vigilEnt…

    1. Romain
      Romain

      Merci pour cette correction Artémis :)

  17. Mumubretagne

    Bonjour, votre article est génial, et les sachets de dragées je connaissais je les fabrique moi même avec du tissus tulle et j’en ai de toutes les couleurs et même avec des paillettes… Lol !
    Merci beaucoup j’ai appris pas mal de choses aujourd’hui donc je suis ravie. Bonne continuation
    Muriel Préau, val d’Oise

    1. Romain
      Romain

      Bonsoir

      Merci pour votre commentaire qui fait vraiment plaisir :)

      Bonne continuation à vous,
      Romain

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