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Mar 29

[LTDV] 5 pratiques indispensables pour jardinier bio

SVP prenez le temps de lire la suite, j’ai besoin de vous. Bonjour à tous ! Avant de laisser la parole à Gilles, je souhaite dire quelques mots sur cette nouvelle rubrique. La tribune du vendredi est un endroit où j’aimerai laisser la parole à quiconque souhaite la prendre (que vous soyez bloggeur, professionnel ou simple lecteur) pour parler de divers sujets sur le jardinage et tout ce qui peut se rapporter à sa philosophie (nature, aromathérapie, cuisine, animaux, décoration, etc etc…). Alors si vous souhaitez prendre la parole, je vous invite à laisser un commentaire pour vous signaler ou bien à utiliser le formulaire de contact. D’ailleurs, n’hésitez pas à faire de même si vous aimeriez voir un sujet abordé dans cette rubrique. Je tâcherai de trouver quelqu’un qui puisse le traiter ! En espérant avoir de très nombreux retours, je vous souhaite une bonne lecture !

Je tiens tout d’abord à remercier Romain pour son invitation à publier un article dans sa rubrique du vendredi. Je m’appelle Gilles, maraîcher bio de mon état, et auteur du Blog du Jardinier Bio. J’ai choisi de vous parler aujourd’hui des pratiques qui, selon moi, sont les fondements même du jardinage biologique.

Favoriser la biodiversité

Ce sujet a été maintes fois traité. Romain a notamment publié il y a peu sur mon blog un article de grande qualité sur la diversité au potager (si ce n’est déjà fait, je vous invite vivement à le lire). Il me semble toutefois intéressant de rappeler brièvement ici les raisons de favoriser la biodiversité, car il s’agit bien là d’une base fondamentale du jardinage biologique.

La diversité animale

Chaque espèce animale fait partie d’une chaîne alimentaire. Supprimer une seule d’entre elles, que ce soit avec des produits naturels ou chimiques, revient à créer un déséquilibre . Ce faisant, nous ouvrons la porte aux invasions d’insectes ou autres indésirables. En revanche, si nous respectons au mieux les différentes formes de vie (en s’abstenant de toute destruction volontaire), les populations se régulent en général d’elles-mêmes, et nos cultures restent quasiment indemnes de dégâts dus aux ravageurs.

La diversité végétale

  • Végétation spontanée : De même, tout végétal abrite des espèces animales spécifiques et chacune de ces espèces a une préférence pour tel ou tel arbre, arbuste, herbes ou fleurs. En détruisant un végétal, on supprime un habitat naturel et créons ainsi là encore un déséquilibre. Sil les oiseaux par exemple n’ont plus d’arbres pour nidifier, les populations d’insectes vont se développer outre mesure. Les ronciers, notamment, de par leur densité et leurs épines protectrices, fournissent un habitat de choix pour de nombreux animaux. Pourtant très peu de jardiniers tolèrent leur présence… Par ailleurs, la diversité végétale favorise également la venue des insectes pollinisateurs, indispensables au potager.

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  • Cultures : La diversité des cultures est également essentielle. Il est évident qu’un chou isolé au milieu d’autres espèces potagères ou aromatiques, voire de fleurs odorantes ou mieux encore de végétation sauvage, attirera moins facilement la fameuse piéride du chou (ce papillon blanc dont les larves peuvent dévaster un pied de chou). Et même si c’est le cas, les autres choux éparpillés sur la parcelle ne seront pas aussi facilement envahis que s’il se situaient directement à côté du pied infesté. Par ailleurs, on sait que certaines espèces sont favorables à d’autres. Nous connaissons bien l’association poireaux/carottes mais il existe une multitude d’autres associations bénéfiques au potager

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La diversité minérale

Les pierres, outre le fait qu’elles contiennent et peuvent donc libérer (certes très lentement) des éléments minéraux importants pour la vie du sol et empêchent un compactage trop sévère, servent également d’abris à toute une faune utile au jardin (je pense notamment aux couleuvres, régulatrices par excellence des populations de rongeurs). Les pierres trop grosses, pouvant gêner les cultures, seront par exemple utilisées pour former un muret, alors que les petites devront être laissées en place. L’eau abrite pareillement nombre d’auxiliaires précieux pour le jardinier, avec en particulier les batraciens, forts gourmands d’insectes divers. Une mare naturelle est ainsi un véritable trésor à préserver, d’autant plus si l’on peut également l’utiliser pour irriguer nos cultures…

Nourrir et protéger la terre

Nourrir la terre est sans doute ce qui distingue le plus le jardinier bio du jardinier conventionnel. En effet, ce dernier a pour seul objectif de faire pousser ses plantes. Pour cela, il utilise des engrais chimiques qui agissent directement sur celles-ci, appauvrissant ainsi irrémédiablement son sol. Le BRF, tout comme le paillage, présente le double avantage de couvrir le sol et de l’enrichir. A l’inverse, le jardinier bio cherchera avant tout à enrichir la terre (on parle alors d’amendement). Ainsi, la plante cultivée pourra y puiser naturellement les éléments nutritifs dont elle a besoin pour se développer. De plus, en nourrissant son sol, le jardinier bio pense aux générations futures en mettant tout en oeuvre pour leur laisser une Terre vivante… Pour en savoir plus sur les différences entre amendements et engrais, je vous invite à lire l’article que Romain a récemment publié sur ce sujet. Un sol nu n’a rien de naturel. En couvrant votre terre avec des matériaux naturels (paille, coupes d’herbes, résidus végétaux du jardin, BRF…), non seulement vous la protéger de l’érosion et économiser l’eau d’arrosage, mais vous permettez également la constitution d’un riche humus qui nourrira vos plantes dans les années à venir… Comment enrichir le sol de son jardin ? Tout apport de matières organiques contribue à l’amélioration du sol. Ainsi, les engrais verts (en terre lourde), les divers matériaux naturels apportés pour couvrir le sol (paille, foin, herbes coupées, résidus de récoltes, BRF….), les fumiers ou les composts, en se décomposant, constituent petit à petit un humus stable…

BRF et salades sur paillis sous serre froide

Pratiquer des rotations de cultures

Pourquoi effectuer des rotations de cultures ? Les champignons, bactéries et les insectes passent souvent l’hiver dans le sol. Changer de culture sur une parcelle d’une saison à l’autre permet d‘éviter leur propagation. Un légume a des besoins spécifiques en éléments nutritifs. Si l’on a les mêmes cultures chaque année au même endroit, ces éléments vont rapidement être épuisés. En pratiquant des rotations de légumes aux besoins différents, on évitera cet appauvrissement du sol. Certaines cultures, comme la pomme de terre, ont la faculté de nettoyer le sol et de limiter ainsi la propagation des herbes envahissantes. Enfin, les rotations de cultures évitent l’intoxication progressive du sol par des micro-organismes pathogènes et autres virus.

Quels sont les grands principes de la rotation de cultures? Dans la pratique, il n’est pas toujours aisé de respecter les règles de rotation. Un plan de jardin est indispensable pour s’y retrouver et afin de pouvoir planifier ses cultures en conséquence. Nous retiendrons 2 grands principes :

  • les légumes appartenant à la même famille botanique ne doivent pas être cultivés 2 années de suite sur la même parcelle ;
  • de même, on évitera de cultiver 2 années successives des légumes dont on consomme la même partie (légumes racines, légumes fruits, légumes feuilles, légumes fleurs).

Vous pouvez consulter ces 2 classifications de légumes ici.

Observer avant d’agir

La nature est merveilleuse. Apprenons à travailler avec elle plutôt que de vainement chercher à la dominer La nature est merveilleuse. Apprenons à travailler avec elle plutôt que de vainement chercher à la dominer. Comme nous l’avons vu plus haut, utiliser un insecticide, même biologique, engendre un déséquilibre supplémentaire. Aussi, lorsque l’on remarque la présence d’un « indésirable » (je préfère les appeler ainsi, plutôt que « nuisibles”), il convient de ne pas se précipiter. Observez la vie dans votre jardin. Vous y voyez des coccinelles, des hérissons, des couleuvres, des grenouilles…tout va bien ! En effet, si nous avons respecter les points précédents (respect de la biodiversité, fertilisation équilibrée, couvertures du sol, rotations de culture), il y a de fortes chances que les populations se régulent naturellement. Un seul mot d’ordre donc : ne vous précipitez pas sur votre pulvérisateur !

Economiser l’eau

J’ai récemment organisé un festival d’articles inter-blogueurs sur ce sujet car je pense quil est urgent de se soucier de cette problématique de l’eau. On ne peut se prétendre jardinier bio et continuer à arroser sans tenir compte de la raréfaction présente et surtout à venir de cette ressource vitale. De nombreux moyens existent pour économiser l’eau au jardin : création d’une mare, récupération des eaux de pluies, couverture du sol, systèmes de gouttes à gouttes... Je vous invite à les découvrir, ou simplement vous les remémorer, en consultant les différents articles réunis aujourd’hui dans un livre numérique que vous pouvez télécharger gratuitement en vous abonnant à ma lettre d’informations.

 

Respectez ces quelques principes de base, la Nature vous le rendra en récoltes abondantes et savoureuses !

7 commentaires

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  1. Yannick

    Bonjour à tous,
    Bonjour Gilles et bonjour Romain,

    J’adhère complètement à ces pratiques, ma préféré reste celle de l’observation avant d’entrer en action. En se posant les bonnes questions cela nous permets de comprendre ce que nous avons fait ou parfois pas fait :)

    Mais l’observation permets aussi de tirer le meilleur partie des éléments qui nous entourent.
    Je pense que le rôle premier d’un jardinier bio est d’observer son environnement afin d’en avoir une meilleur compréhension et surtout de faire avec lui, en s’adaptant à LUI.

    Excellente idée que cette tribune !!
    Bravo et merci
    Amicalement
    Yannick Hirel

    1. Romain
      Romain

      Salut Yannick,

      Tu as tout a fait raison, l’observation permet d’éviter bien des tracas, surtout qu’avec le temps on développe de l’expérience et on décèle très rapidement ce qui va ou ce qui ne va pas!

      Merci pour le compliment sur la tribune, j’attends ta participation impatiemment.

      A bientôt,
      Romain.

    2. Gilles

      Bonjour Yannick,

      L’observation est en effet, selon moi, la chose la plus importante à faire pour un jardinier bio (et tu as raison de le souligner), car tout le reste en découle…

      Merci à Romain pour cette Tribune…je lui souhaite longue vie (à la Tribune comme à Romain d’ailleurs)

      Amitiés,
      Gilles
      Gilles Articles récents…Le Panais, un légume à redécouvrir !My Profile

  2. NANCY

    Bonjour Gilles et Romain
    j’adhère moi aussi a ces pratiques mais mon soucis c’est que je ne cultive que des légumes d’été qui font partie de la même famille tomates, aubergines, poivrons, alors comment faire???? je sais que la tomate peut être cultivé plusieurs années au même emplacement mais pour les autres???
    Ce que je fais après les cultures je sème de la moutarde qui a la particularité de désinfecter le sol mais est ce suffisant??
    Merci a vous cette idée de tribune est au top
    Amitiés Nancy
    NANCY Articles récents…aujourd’hui mon potagerMy Profile

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      J’ai un peu le même problème que toi sous ma serre puisque je la réserve aux légumes du soleil. Je peux difficilement faire autrement sinon me priver d’une récolte une année.. alors j’ai pensé à l’intérêt de la rotation :
      1º) ne pas appauvrir le sol
      2º) éviter les maladies et parasites

      Donc, sous ma serre où la rotation était très limitée il me fallait
      1º) renourrir mon sol tous les hivers (cultures enrichissantes comme les fèves, copieux apports de compost, engrais vert, compostage de surface, …)
      2º) accepter de céder un peu de place pendant la culture de mes légumes pour des plantes compagnes bénéfiques (basilic, soucis, tagètes, …) placées en culture dérobée par exemple.

      Ce n’est certes pas optimal et ca ne remplace une bonne rotation de cultures, mais ca a fait ses preuves sous ma serre alors bon,… je continue :).

      Comme pour Yannick, si tu le souhaites ton article est le bienvenu!

    2. Gilles

      Bonjour Nancy,

      Evidemment, ce n’est pas l’idéal
      Mais je pense qu’avec une culture de moutarde (en effet un bon désinfectant du sol) en en appliquant également les conseils que te donnes Romain, ça devrait aller.
      Les rotations sont en effet moins indispensables si l’on veille notamment à nourrir copieusement sa terre…

      Bonne journée,
      Gilles
      Gilles Articles récents…Distances et profondeurs de semis des principaux légumesMy Profile

  3. fab77

    J’adhère aussi,le paillage est continuel chez moi au potager,l’eau mettant fournie je dois faire attention,pour la rotation des cultures je dois dire que c’est difficile à faire mais je pense que tant que le terrain est bien amendé et qu’aucune maladie importante s’est déclaré je ne pense pas que cela gène pour la culture si elle n’est pas faite correctement,tous les ans je fais un apport de fumier et tous le paillage durant la saison apporte l’humus au sol et dès qu’une parcelle se libère je sème de l’engrais vert.

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