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Fév 02

Que faire des parcelles inoccupées au potager en hiver?

A l’approche de l’hiver de plus en plus de parcelles se libèrent au potager et il est parfois difficile de trouver comment les optimiser. En effet, il existe assez peu de cultures hivernales et bien souvent, on ne sait pas ce qu’il est possible de faire sur une parcelle potagère sinon la cultiver.

 

Quelles seraient donc les alternatives? La laisser nue tout l’hiver? Surement pas ! On voit encore trop de potagers qui sont laissés vierges durant tout l’hiver et cette action est similaire à une catastrophe écologique..

En effet, plusieurs raisons à cela :

  • Une parcelle nue subit de plein fouet les aléas climatiques et en particularité les gelées. Le sol gèle alors en profondeur provoquant la mort de tout un tas de micro organismes indispensables à un bon équilibre écologique
  • Une parcelle nue se retrouve fortement « lessivée » les jours de pluie. Pour les personnes non familiarisées avec ce terme, le lessivage désigne l’action d’entrainer les différents éléments du sol (comme les sels minéraux), la matière organique et la couche de « bonne terre » hors des parcelles sous l’effet du ruissèlement des eaux
  • Une parcelle nue voit son sol se compacter sous l’effet des pluies principalement (entrainant des difficultés à le travailler au printemps suivant)

Voilà pourquoi, entre autre, j’ai fait le choix depuis longtemps de ne plus laisser la moindre parcelle nue durant l’hiver. Pour cela, j’opte pour deux options.

 

Les engrais verts

Pour les parcelles libérées rapidement (avant la fin septembre maximum), je sème des engrais verts qui auront chacun un effet qui leur est propre. Leur action bénéfique n’est plus a démontrer et ils mériteraient un article à eux tout seul, mais ce n’est pas le sujet (tiens, une idée d’article futur). Mon cocktail magique (en mélange ou une variété par parcelle selon l’effet souhaité) : moutarde blanche, phacélie, trèfle, sarrasin. Que des variétés peu onéreuses, rustiques et réellement bénéfiques. Je les laisse tout simplement pousser à leur guise puis, après la floraison mais avant la production de graines, je les coupe au ras du sol et les laisse se décomposer tels quels. Certains préfèrent les enfouir mais pour ma part, en les laissant sur le sol cela m’évite un travail supplémentaire et ils sont dégradés avant les premiers semis pour la plupart. Ce qui reste rejoint directement le compost ! Et en plus, cela fait une couverture plus longue sur la parcelle.

 

Le paillage et le mulching

Pour les parcelles libérées plus tardivement, j’opte plutôt pour un épais paillis différent selon la culture en place auparavant.

  • Je recouvre les parcelles ayant accueilli une culture gourmande (courge, tomate, …) avec une couche épaisse de 5 à 10 cm de compost ou de déchets végétaux (je l’ai déjà évoqué plusieurs fois mais j’ai un ami maraîcher qui m’offre généreusement ses déchets de légumes comme les feuilles de choux, les fanes des divers légumes racines ou encore certains invendus). Très riches, ces matériaux vont renourrir mon sol épuisé par la culture estivale. Sur cette couche, j’ajoute une couche d’environ 10 cm de feuilles mortes. C’est un matériau parfait je trouve ! Gratuit et abondant, il laisse circuler l’air et l’eau en amortissant toutefois le choc des gouttes de pluie (ce que ne font pas les bâches plastiques par exemple). De plus, comme il se dégrade lentement, il est présent tout l’hiver. Ainsi, le sol ne se tasse pas et sa micro faune est complètement préservée. J’aurais même tendance à dire qu’elle est favorisée, mais je ne l’ai pas vérifié sérieusement.
  • Les parcelles ayant accueilli une culture peu gourmande (les légumes racines en général par exemple) seront simplement recouvertes d’une couche de feuilles mortes.

Bien entendu, vous n’êtes pas obligés d’opter pour le compost et les feuilles mortes. Tout matériau peut être utilisé à condition d’être, à mon sens, naturel, respirant, lent à se dégrader (ou bien vous devrez le renouveler souvent durant l’hiver) et surtout, non traité.

Et cerise sur le gâteau, en adoptant ces techniques on économise énormément d’efforts. La terre reste tellement meuble sous ce manteau hivernal que l’arrachage des adventices et le travail du sol au printemps deviennent une vraie partie de plaisir !

Et vous, que faites vous de vos parcelles inoccupées en hiver?

Cet article fait l’objet d’un évènement inter-jardiniers organisé par Yannick du blog Au potager bio. Il souhaite réaliser un e-book sur les différentes méthodes d’enrichir la terre pendant l’hiver. Tout le monde peut y participer, que vous soyez amateur, professionnel, possédant un blog ou non. Vous trouverez tous les renseignements directement sur le site page événement inter-jardiniers.

8 commentaires

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  1. Mathilde

    Bonjour Romain,

    tout d’abord, un IMMENSE merci à toi, pour tout ce temps que tu passes consciencieusement, et humblement, à nous donner de belles explications.
    Je viens de commencer mon potager en carrés à Nice, en automne. Un peu déçue des résultats, mais je suis une vraie débutante et mes lectures m’apprennent toujours d’avantage. :-)
    C’est un peu dur parfois de rester optimiste mais te lire est un vrai régal !

    Je prévois d’ailleurs de récupérer un aquarium pour mes semis du mois prochain. :-)

    Une question concernant cet article : peut-on utiliser en paillage sur les parcelles, occupées ou pas, du compost peu dégradé ? Par exemple, un mélange d’épluchures récentes et de mauvaises herbes glanées au jardin ?
    Est-ce qu’il y a un risque de pourrissement, ou bien cela va-t-il favoriser la circulation et la nutrition de nos amis insectes sous-terrains ?
    Même question concernant les engrais verts. Tu mets le surplus au compost, mais pourquoi pas en paillage ?

    J’ai beaucoup lu sur le paillage, mais pas grand chose sur le paillage « frais »…

    Merci !

    1. Romain
      Romain

      Salut !

      Merci beaucoup pour ton commentaire, cela fait plaisir de voir que ce que j’écris vous est utile :). Ne t’inquiètes pas, les premiers temps sont toujours un peu difficile, il faut apprendre, expérimenter, retenter, etc. Et puis, dans les carrés la terre est très chamboulée lorsqu’on les monte, il lui faut le temps de récupérer !

      Aaah très bonne initiative pour l’aquarium, tu verras tu ne seras pas déçue. Le mien est prêt ça y est, il était temps lundi je lance les premiers poivrons et aubergines.

      Tu peux tout à fait épandre un compost peu dégradé, c’est ce que l’on appelle le compostage de surface. Je ne pratique presque plus que cela (avec des végétaux parfois pas du tout pré-composté), je trouve que les résultats sont bien meilleurs ! Le composteur, c’est juste pour accueillir le surplus quand il y a déjà épais de paillis. Aucun risque de pourrissement, dans le doute j’essaie de ne pas trop coller les déchets au pied des plants mais desfois ça arrive et il n’y a pas de soucis. Ce qui est sûr, c’est que ça va considérablement plaire à la vie du sol.

      Pour les engrais verts, comme je dis dans l’article je ne met au composteur que ce que je n’arrive pas à mettre en paillis parce qu’il y en a déjà trop. Certains engrais verts produisent énormément de biomasse !

      Renseigne toi sur le compostage de surface, on en parle parfois sous le nom de mulch, tu trouveras plein d’infos. Tu peux aller regarder du côté de Jean-Marie Lespinasse ou encore Dominique Soltner, Richard Wallner et bien d’autres !

      En tout cas, si tu en as, n’hésite pas à venir poser tes questions, j’essaierai d’y répondre avec plaisir !

      A bientôt,
      Romain.

  2. alioua

    merci pour toutes ces connaissances.je ne fais que débuter .a très bientôt.merci encore

    1. Romain
      Romain

      Il faut bien commencer quelque part :) Tu verras on apprend très vite au potager !

      A bientôt
      Romain.

  3. fab77
    Piet fabrice

    Personnellement quand une parcelle se libère je sème de la moutarde et de la phacélie car ma terre est argileuse,je la coupe avant l’hiver et avant que les graines ne se ressèment et je la mélange superficiellement à la terre et la parcelle passe ainsi l’hiver

  4. odeline

    Bonjour,
    Ton message tombe à pic!!!!! Je me demandais comment protégé mon jardin vide, j’ai mis du carton et dessus l herbe de la tonte.
    La de heterie du coin donne (gratuitement!!) du composte mais il est jeune ete ce que je peux en mettre en troisième couche ou est ce que ca sert a rien ?
    J’ai aussi un gd aquarium vide bonne idee de fare des semis avec ca recycle!!!
    Merci pour tous tes conseils très utiles surtout quand on y connait rien.

    Odeline

    PS je suis confuse pour les fautes mais j écris avec mon Smartphone et je n arrive pas à revenir dans le texte pour corriger.

    1. Romain
      Romain

      Bonjour,

      Il faut faire attention avec le compost de déchetterie, il comporte souvent beaucoup de résineux et est donc très acides. De plus, on ne sait absolument pas comment étaient traités les végétaux qui ont servis au compost donc, je ne le mettrai pas au potager par précaution. En revanche, pas de soucis pour l’ornement !

      A bientôt,
      Romain.

  5. fab77
    fab77

    Cette année pas de labour d’automne pour enfouir le fumier,je dépose le fumier en surface et je met un paillis de brf par dessus,je fais l’essai,je pratiquerai un labour seulement au printemps prochain.

  1. Résumé de l’évènement : enrichir sa terre

    […] Que faire des parcelles inoccupées au potager, écrit par Romain du blog tous au potager. […]

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